[TRIBUNE] Redonnons à la Fintech ses lettres de noblesse grâce à l’Intelligence Artificielle

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Grande égérie de l’innovation tous secteurs confondus, l’Intelligence Artificielle occupe toute la scène médiatique. De leur côté, les FinTechs avancent leurs pions en proposant des services et offres toujours plus inédits. Toutefois, il semblerait que beaucoup d’entre elles aient oublié un point important, la valeur ajoutée “tech”. Pourquoi les jeunes pousses dans certains segments n’exploitent pas encore le potentiel de l’IA ? Comment pourraient-elles s’y prendre ? Ont-elles vraiment quelque chose à y gagner ?

Le conseil en financement des entreprises ne fait pas exception en maintenant la distance avec l’IA. La tendance est et reste le scoring qui teste des critères quantitatifs. Cette technique délivre un conseil basé sur son algorithme de segmentation. Algorithme dont les fondations reposent principalement sur l’historique financier des entreprises et les statistiques sectorielles existantes. Il oublie cependant analyse ou interprétations pour l’utilisateur. Bien loin de disrupter le modèle traditionnel, la notation financière est exploitée depuis plusieurs dizaines d’années. Et ce, par quasiment l’ensemble des organismes financiers, pour les dérives que nous avons connues. L’innovation ne trouvera pas son salut dans le conseil ; tout du moins, pas prochainement.

Petite éclaircie dans ce sombre portrait, l’IA intéresse les marchés boursiers. À ce jour, elle sert majoritairement à effectuer des arbitrages sur des placements. Lorsque les sociétés sont cotées en bourse, leurs informations financières et stratégiques se structurent et deviennent publiques. À l’inverse, l’immense marché des sociétés non cotées (99,99% des entreprises) rassemble des données non structurées. Celles sont sont également rarement disponibles pour que l’IA fasse correctement son travail.

Résultat : l’Intelligence ne se développe que peu dans le secteur de la banque et de la finance. Elle n’arrive pas à pénétrer toutes les structures et devenir un levier de croissance. Seuls quelques acteurs sortent du lot à ce jour. Je pense notamment au domaine du financement participatif qui profite de cette technologie chez ​Ayomi​. On retrouve également Fundshop ou ​Yomoni qui proposent de la gestion conseillée ou intermédiée par IA. ​FinKey l’exploite pour enrichir son conseil en financement des entreprises.

Pourquoi devrions-nous développer cette technologie dans le conseil en financement des entreprises ?

Les trois gagnants du pari

Cette faible popularité révèle-t-elle un manque de possibilités ou d’intérêt ? Bien que je penche plus pour la première réponse, je conçois qu’elle représente un point de friction pour certaines structures. Pourtant, toute la chaîne de valeur du financement peut en bénéficier.

L’Intelligence Artificielle optimise le travail de ​l’analyste​. À travers sa récolte, sa structuration et sa restitution des données, elle ouvre le champ des connaissances et permet d’affiner l’analyse. À l’image du sage, la technologie va capter et stocker bien plus d’information que le cerveau humain. Celui-ci va se concentrer sur le conseil aussi éclairé que possible. De son côté, le conseiller gardera une place privilégiée avec son client en respect du rapport très humain de l’accompagnement.

La solution assiste aussi le ​financeur ​via un tri intelligent des demandes des entreprises. Fini la revue de portefeuille manuelle qui aboutit à une série de rencontres inopportunes. En s’appuyant sur la technologie, le financeur peut effectuer une première sélection algorithmique. Elle répondra à l’ensemble de ses critères souvent multiples. Ce gain de temps pourra se reverser au profit des relations humaines et échanges commerciaux. Dernier bénéfice : l’augmentation des volumes de financement pour parvenir à la croissance du PIB.

De son côté, le ​dirigeant ​ne sera plus contraint de partir à la recherche de financement en envoyant des dossiers comme des bouteilles à la mer. La technologie facilitant le travail de l’investisseur, l’entrepreneur n’est plus dans la demande, mais dans l’offre.

Les autre lauréats

L’Intelligence Artificielle déploie également ses atouts dans d’autres sphères comme le domaine juridique avec la start-up ​Prédictrice. Dans une logique similaire, cette technologie servira à enrichir les connaissances et informations de l’avocat. Il pourra ainsi délivrer la meilleure assistance possible via un avis éclairé. L’IA comme outil de préconisation lui serait également utile. En tant qu’outil d’aide à la décision, elle conforte ou invalide la décision juridique de l’avocat en phase de proposition. Elle facilite les choix et permet de se recentrer sur les relations humaines.

Quel futur dessiner pour l’Intelligence Artificielle ?

Aussi bien sur les marchés boursiers que dans le domaine du conseil patrimonial, l’Intelligence Artificielle séduit. Les premiers vont l’utiliser pour remplacer, en partie, les décisions d’investissement. Les seconds s’en servent d’outils d’aide à la décision.

Si l’on élargit le spectre de l’analyse, l’Intelligence Artificielle va au fur et à mesure enrichir le rôle du conseiller sans le dénaturer. La nouvelle dynamique que je vois apparaître se présente comme ceci : d’un côté, l’Intelligence Artificielle va traiter les données, enrichir les connaissances et donner des pistes de décision. D’un autre côté, le conseiller cultivera le lien humain entre lui et son client, ainsi que son expérience pour prendre la décision finale.

Pourquoi parler d’humain lorsque l’on parle de technologie ? Pour ne pas oublier que, dans la finance particulièrement, la confiance est maîtresse. Que ce soit pour placer son argent, financer une entreprise, aider un projet… Le lien qui se construit doit être le plus honnête possible. Dans un univers financier teinté d’incertitudes, seule la confiance permet d’avancer.

Il n’est donc dans l’intérêt de personne que l’Intelligence Artificielle supprime cette connexion. Elle viendra en support pour fiabiliser les choix et rationaliser les décisions en s’appuyant sur un grand nombre d’informations.

L’idéal serait qu’à terme, l’Intelligence Artificielle soit suffisamment entraînée et nourrie pour anticiper tous les événements. Elle peut ainsi fiabiliser les choix du financement ou du dirigeant. Bien qu’elle fasse figure d’innovation, l’Intelligence Artificielle que nous sommes capables de construire aujourd’hui n’est que la première pierre d’un ensemble bien plus vaste. Ensemble dominé (au moins médiatiquement) par l’ordinateur quantique. Grâce à une nouvelle combinaison bien supérieure aux chiffres binaires, le calcul quantique sera capable de réaliser des combinaisons encore jamais réussies dans le monde. Une multiplication des combinaisons pour répondre à une multiplicité des offres, voilà de quoi enthousiasmer la FinTech.

Article rédigé par Florent Jacques, CEO de FinKey.

Quelques lignes sur Florent :

“J’ai suivi une formation à l’EM Lyon au sein du Mastère Spécialisé en ingénierie financière, formation qui prépare aux métiers de la banque d’affaires et des fonds d’investissements. J’ai débuté ma carrière en tant que chargé d’investissement chez Rhône-Alpes PME appartenant au groupe Siparex spécialisé en capital investissement. Durant cette période d’investisseur en capital, je côtoie au quotidien des dirigeants de TPE / PME en recherche de financement. Je constate très régulièrement que les entreprises sont mal orientées sur le marché conduisant à des refus de financement des projets.

Cette expérience me pousse alors à créer une technologie qui permet de faciliter et simplifier la recherche de financement aux dirigeants, et donc faire gagner du temps à l’ensemble de l’éco système du financement. Aujourd’hui, FinKey, c’est un outil numérique intelligent permettant de trouver des financements adaptés à chaque projet d’entreprise, de la start up à la PME. FinKey, c’est aussi et avant tout un modèle qui préserve le conseil et l’accompagnement des dirigeants grâce à un réseau de 200 experts en financement partout en France et pas moins de 5 000 dispositifs de financement référencés et accessibles à tous.”